Un rendez-vous tout naturel !

Patte à papier

Anne-Lise Kohler et ses créatures de papier

Anne-Lise Kohler et les héros de son épisode pilote.

Les habitués du festival ont peut-être croisé sans le savoir cette artiste discrète et modeste, entourée de créatures en papier mâché au Forum des artistes. Sur son stand, bien souvent, les gens s’approchent, se penchent sur les bestioles exposées, puis s’exclament : « Mais c’est du papier ! ».  Oui, Anne-Lise Koehler modèle des sculptures en papier.  Et pas n’importe lequel. «  J’utilise des vieux volumes de La Pleïade achetés d’occasion car c’est un papier fin d’excellente qualité… avec de bons auteurs ! On peut même reconnaître de quelle œuvre il s’agit en “lisant” la sculpture », prétend-elle. Bonne pâte, Anne-Lise a sa patte. Enfant, elle voulait peindre. Au retour d’un chantier nature en Camargue, c’est le déclic : « J’ai eu une révélation ornithologique et la sculpture m’a paru plus appropriée pour représenter le mouvement. » Pour le squelette de l’animal, elle utilise un fil d’acier inox très léger et proscrit le grillage. A son cursus artistique, elle ajoute une formation en école d’animation et réalise les décors de Kirikou et la sorcière, de Michel Ocelot, puis d’Azur et Asmar.

Cette année, une nouveauté de taille couve dans son ordinateur, posé sur une table, à la disposition des visiteurs : un pilote. Rien à voir avec la formule 1. Il s’agit là du premier épisode d’une série d’animation en 52 épisodes qu’elle prépare avec son complice Eric Serre. « Nous étions ensemble aux Beaux-Arts, à Paris, et nous avons tous deux travaillé avec Michel Ocelot. Depuis longtemps, j’avais envie d’allier mes sculptures à l’animation avec un souci de véracité naturaliste. » Le principe de Bonjour le monde ! : on suit un animal sauvage de sa naissance à l’âge adulte, dans son écosystème.

Dans un premier temps, l’artiste et le réalisateur, produits par Alexis Lavillat et Philippe Traversat, se concentreront sur la faune européenne.  Le travail est en effet titanesque pour animer ces marionnettes de papier, réalisées avec du fil d’alu cette fois, « parce qu’il est plus résistant et dépourvu d’effet ressort ». Il leur a ainsi fallu cinq mois pour mettre en scène le premier épisode, réalisé en « stop motion« , c’est-à-dire image par image. « Nous photographions chaque posture sur un fond bleu et l’enchaînement des images assemblées sur un décor donne l’illusion du mouvement », explique Anne-Lise Koehler. Comme dans Wallace et Gromit avec la pâte à modeler…

Innovant par la nature des matériaux utilisés et la démarche naturaliste, le résultat est remarquable. Cerise sur le gâteau, ce épisode de 5,30 min est bruité en partie par une “guest star” du monde naturaliste, Jean Chevallier, qui nous avait caché ses dons d’imitateurs de cris d’animaux ! Avis aux amateurs, ce petit bijou sera projeté en clôture du festival, hors compétition bien sûr, samedi après-midi, après le film de Laurent Charbonnier. Une première en France !

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