Un rendez-vous tout naturel !

Table ronde : mieux éduquer par le film animalier

CD rom ForestinComment valoriser les films animaliers dans l’éducation à l’environnement ? C’est l’une des questions auxquelles le laboratoire du CNRS de Chizé et l’Institut de formation et de recherche en éducation à l’environnement (Ifrée) lien vers http://ifree.asso.fr/papyrus.php ont tenté de répondre lors d’une table ronde inédite organisée ce vendredi en partenariat avec l’Institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute (Iffcam).

Olivier Morvan, réalisateur de documentaires animaliers, a ouvert la discussion en expliquant sa démarche auprès des scolaires, avec lesquels il conçoit de courts documentaires sur un à trois jours, aux Landes-Genusson (Vendée). « Le fait de confier un rôle à chacun des élèves les reponsabilise et le tournage sur le terrain est aussi l’occasion d’apprendre à faire le silence, à travailler l’élocution quand il faut s’exprimer devant la caméra, qui plus est devant les autres. » C’est aussi un prétexte pour sensibiliser les enfants à l’environnement qui les entoure. Le coût peu élevé de cette prestation, qui revient à 5 euros par élève par jour, est toutefois souvent freiné par le coût du transport en car…

Michel Bonneau, apicultuer et administrateur du Syndicat départemental d’apiculture de l’Abeille des Deux-Sèvres, a pour sa part démontré l’intérêt d’utiliser des documentaires lors de ses interventions scolaires. « En vingt minutes, nous pouvons montrer l’ensemble d’une année apicole », a-t-il souligné. « Deux minutes de vidéo en disent souvent bien plus que trois pages de textes », a confirmé pour sa part Jocelyne Brandeau, conseillère pédagogique départementale. Enseignante et formatrice d’enseignants, elle a volontiers recours au documentaire animalier pour élaborer un raisonnement scientifique. Et de partager une expérience conduite pour un cycle 3 primaire, en quatre à cinq séances . « A la sortie de La Marche de l’empeur, j’ai retenu un court extrait du film – le passage où les mâles manchots se rassemblent en “tortue” – pour conduire au questionnement suivant : comment les animaux polaires résistent-ils au froid ? «  A l’issue des trois minutes de vidéo, deux hypothèses sont émises :

–       Ils sont protégés par leur fourrure (est-ce la fourrure qui donne la chaleur ?)

–       C’est en se serrant les uns contre les autres qu’ils résistent au froid (la chaleur s’échappe-t-elle plus vite à l’extérieur du cercle qu’au milieu ?)

S’ensuivent des vérifications par l’expérience : on met un thermomètre dans le vêtement et on en laisse un à l’extérieur ; on regroupe des bouteilles d’eau chaude et on les place dehors… Les élèves anticipent ensuite les résultats des expériences, puis font des constats qui les mènent vers l’interprétation et la notion d’isolant.

« On peut difficilement observer le vivant en classe, souligne Jocelyne Brandeau, et l’on est confronté à un problème de temps. Le documentaire permet une approche réaliste mais aussi sensible : on est souvent ému, ce qui est une entrée intéressante avec les enfants pour un pédagogue. »

Les enseignants disent rencontrer de moins en moins de difficultés techniques pour la projection de vidéos en classe, d’autant plus que les DVD sont séquencés, ce qui facilite le repérage du passage sélectionné. Reste à trouver le bon film pour déclencher le questionnement.

« Mais quid de la législation pour l’achat des films ? », interroge une enseignante dans la salle. « A-t-on le droit de diffuser un extrait sans payer de droits d’auteur ? » Or, les programmes scolaires imposent de travailler avec l’image ! « Il ne faut pas hésiter à court-circuiter les intermédiaires et  aller à la source en appelant le réalisateur ou le producteur. Rares sont ceux qui refusent », estime Robert Lucquès, réalisateur de documentaires animaliers et monteur pour France Télévision (son dernier film, Taxonaria, la cité souterraine, est en compétition au festival). « On réalise des documentaires pour véhiculer un message. En le faisant visionner à des enfants, on touche directement des ambassadeurs potentiels. »

Conçu pour la télé avec une histoire, son documentaire Le vison d’Europe, le trésor des marais (projeté au festival en 2005) est devenu un dossier pédagogique grâce à un enseignant en école primaire qui l’avait montré à ses élèves.

Pour le Cned, le réalisateur a aussi conçu un cours de SVT sur le littoral à marée basse diffusé via Internet en rich media. « A partir de mon documentaire, un chapitrage a été réalisé et des mots clés renvoient au passage concerné dans la vidéo. Réalisé avec le CDDP de Charente,  Forestin, l’écolo malin expliquait la nature aux enfants en DVD rom interactif fourni avec un livre virtuel qui donnait des éléments complémentaires, plus un quiz adapté à deux âges. »

Les enseignants ont aussi la possibilité d’emprunter des documentaires animalirs aux CDDP ou aux médiathèques, qui les achètent avec les droits de diffusion. Il ne faut pas hésiter à développer des collaborations et à faciliter l’utilisation des films comme outils pédagogiques, a-t-on conclu à l’issue de ce tour de table. « Il n’est pas diffcile de fournir une version internationale (sans le son) si besoin, ajoute Robert Lucquès. En tournage, il faut aussi penser à faire plus de photos, lesquelles peuvent servir à un éventuel dossier pédagogique. Enfin, ne pas oublier de citer le réalisateur ! » Outre un film sur…, on oublie souvent qu’il s’agit d’un film de…

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