Un rendez-vous tout naturel !

De l’art

Benoît Perrotin, un illustrateur en mouvement

 

Benoît Perrotin lors de son animation

Benoît Perrotin lors de son animation.

Benoît Perrotin, naturaliste et illustrateur d’origine vendéenne, assurait cette année l’initiation au dessin naturaliste. Pour bien dessiner, il faut d’abord un bon matériel (support, papier, crayons…) adapté à la manière dont on dessine, ainsi que des jumelles, indispensables pour les sujets éloignés. Benoît Perrotin insiste sur l’importance d’avoir un minimum de connaissances naturalistes, ce qui permet d’anticiper le dessin. « Sur le terrain, les espèces ne nous attendent pas. Il faut réussir à capter le mouvement et à le restituer sur le papier. La mémoire visuelle joue beaucoup dans cette pratique ». En très peu de temps, il arrive avec dextérité  à reproduire parfaitement un sujet sous les yeux admiratifs et concentrés des quelque 25 personnes présentes. Voilà dix ans que ce quadra vit de ses passions pour la nature et le dessin – croquis et aquarelle. Il n’a pas de sujet de prédilection, dès lors qu’il y a du mouvement. Ainsi les animaux sont privilégiés aux dépens des végétaux.

Benoît Perrotin expose aussi ses derniers travaux sur le Burundi au Musée cantonal, place des Cloîtres, avec le photographe Louis-Marie Préau. Dans le cadre d’une coopération décentralisée, les deux artistes ont fait un livre édité chez Jacques HesseBurundi.

 

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Bialowieza comme si on y vivait

Barbara Banka expose à Ménigoute.

Parmi les évènements du festival liés à la forêt de Bialowieza, en Pologne (l’exposition photo, le film des étudiants de l’Iffcam, l’association « Deux-Sèvres Biala Podlaska »…), une artiste polonaise est également présente au Salon des artistes du Forum de la nature. Barbara Banka habite depuis sa naissance au cœur de la forêt de Bialowieza, dernière forêt primaire d’Europe de 150 000 hectares, à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie.

Elle vit dans un cadre exceptionnel – une biodiversité unique, un écosystème qui a survécu des millions d’années – entre les arbres morts et 4000 espèces différentes de champignons ! Une atmosphère « humide, accueillante et étonnante », selon les mots de l’artiste, qu’elle traduit en photographie et en peinture. Mais à la différence de la prise de vue, qui reste scientifique et plate, la peinture permet de créer de la matière et de la profondeur, indispensables pour représenter la forêt, sa plus grande source d’inspiration. Aplats de couleur à la spatule ou maîtrise de l’acrylique avec les doigts, autant de techniques qui donnent du relief à ses toiles. Absorbés par ses peintures, les visiteurs rentrent dans les tableaux. D’autres trouvent la matière dérangeante, voire agressive.  La forêt, lieu magique, se dévoile comme à travers une fenêtre de curiosité.

A découvrir au Salon des artistes et sur son site.


Aux landes de l’Hôpiteau

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Adepte des sorties du festival, Francis Compère, de Mougon (Deux-Sèvres), nous livre un florilège d’images saisies lors de sa sortie aux landes de l’Hôpiteau, à Boussais.  Sur ce site, géré par le Conservatoire d’espaces naturels Poitou-Charente, le visiteur ne peut soupçonner à quel point le sol est troué de toutes parts ! Même quand on s’enfonce sur les étroits sentiers tracés dans la brande, une lande de bruyère à balais, l’œil doit s’accoutumer à repérer les points d’eau qui criblent cette ancienne zone d’extraction. Nous sommes dans le nord des Deux-Sèvres, où l’argile déposée sur le socle granitique fut extraite pour fabriquer des briques et des tuiles. Une industrie prospère au XIXe siècle sur le canton.

Sur 18 hectares de brandes, plus de 300 petites fosses d’extraction constituent autant de mares aux visages différents. Restaurées pour favoriser l’accueil des amphibiens, elles présentent des berges en pente douce favorables à la végétation. Bien sûr, la saison n’est pas propice à l’observation des batraciens et des libellules, nombreuses sur le site, mais Francis Compère a surtout retenu une atmosphère, que ses photos restituent.


Ouvrez grand vos oreilles !

Une salle remplie de chaises, plongée dans la pénombre, des enceintes qui entourent le public… Sommes-nous dans un cinéma ? Non. Autre curiosité, des bandeaux pour se couvrir les yeux…

Boris Jollivet nous offre ici son spectacle sonore, une belle expérience pour partager sa passion : le son. Naturaliste amateur, il exerce ce métier depuis quinze ans, après une rencontre avec Jean-Claude Roché, pionnier de la prise de son en Europe.

Evocation de deux villages de la planète, au Jura et au Cameroun, l’écoute proposée durant le festival dure 26 minutes, alors qu’il a fallu plusieurs années pour recréer ces espaces en sons. Le but est que le spectateur profite avant tout de l’ambiance sonore, réagisse à sa façon et se crée son propre film. Qu’il s’immerge dans un univers en se concentrant sur l’écoute et qu’il prenne conscience que l’auditif occupe une grande place dans nos sens. Comme un roman, cette écoute fait appel à l’imagination et à l’attention du public. Si elle ne raconte pas forcément une histoire, des images se forment dans la tête. Au final, 26 minutes de frissons, d’étonnement, de sensations.


Patte à papier

Anne-Lise Kohler et ses créatures de papier

Anne-Lise Kohler et les héros de son épisode pilote.

Les habitués du festival ont peut-être croisé sans le savoir cette artiste discrète et modeste, entourée de créatures en papier mâché au Forum des artistes. Sur son stand, bien souvent, les gens s’approchent, se penchent sur les bestioles exposées, puis s’exclament : « Mais c’est du papier ! ».  Oui, Anne-Lise Koehler modèle des sculptures en papier.  Et pas n’importe lequel. «  J’utilise des vieux volumes de La Pleïade achetés d’occasion car c’est un papier fin d’excellente qualité… avec de bons auteurs ! On peut même reconnaître de quelle œuvre il s’agit en “lisant” la sculpture », prétend-elle. Bonne pâte, Anne-Lise a sa patte. Enfant, elle voulait peindre. Au retour d’un chantier nature en Camargue, c’est le déclic : « J’ai eu une révélation ornithologique et la sculpture m’a paru plus appropriée pour représenter le mouvement. » Pour le squelette de l’animal, elle utilise un fil d’acier inox très léger et proscrit le grillage. A son cursus artistique, elle ajoute une formation en école d’animation et réalise les décors de Kirikou et la sorcière, de Michel Ocelot, puis d’Azur et Asmar.

Cette année, une nouveauté de taille couve dans son ordinateur, posé sur une table, à la disposition des visiteurs : un pilote. Rien à voir avec la formule 1. Il s’agit là du premier épisode d’une série d’animation en 52 épisodes qu’elle prépare avec son complice Eric Serre. « Nous étions ensemble aux Beaux-Arts, à Paris, et nous avons tous deux travaillé avec Michel Ocelot. Depuis longtemps, j’avais envie d’allier mes sculptures à l’animation avec un souci de véracité naturaliste. » Le principe de Bonjour le monde ! : on suit un animal sauvage de sa naissance à l’âge adulte, dans son écosystème.

Dans un premier temps, l’artiste et le réalisateur, produits par Alexis Lavillat et Philippe Traversat, se concentreront sur la faune européenne.  Le travail est en effet titanesque pour animer ces marionnettes de papier, réalisées avec du fil d’alu cette fois, « parce qu’il est plus résistant et dépourvu d’effet ressort ». Il leur a ainsi fallu cinq mois pour mettre en scène le premier épisode, réalisé en « stop motion« , c’est-à-dire image par image. « Nous photographions chaque posture sur un fond bleu et l’enchaînement des images assemblées sur un décor donne l’illusion du mouvement », explique Anne-Lise Koehler. Comme dans Wallace et Gromit avec la pâte à modeler…

Innovant par la nature des matériaux utilisés et la démarche naturaliste, le résultat est remarquable. Cerise sur le gâteau, ce épisode de 5,30 min est bruité en partie par une “guest star” du monde naturaliste, Jean Chevallier, qui nous avait caché ses dons d’imitateurs de cris d’animaux ! Avis aux amateurs, ce petit bijou sera projeté en clôture du festival, hors compétition bien sûr, samedi après-midi, après le film de Laurent Charbonnier. Une première en France !


L’art de l’entrelacs

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Ses délicates œuvres d’art sont plébiscitées par toutes sortes de volatiles. A Ménigoute, ses ateliers le sont aussi. Christine Vincent, vannière de Touraine, y enseigne le tressage de l’osier qui, par la magie du geste, devient mangeoire. Pour les nichoirs, c’est un peu plus compliqué. De nombreux modèles sont à vendre sur son stand, Plume & Brin d’osier, au Forum de la nature, où elle propose toute la journée de s’initier à la vannerie. Pour 10 ou 13 euros et une heure de pratique, on repart avec un cornet à boule de graisse plus ou moins sophistiqué. Les enfants en raffolent !

Quand Christine Vincent a découvert le travail de l’osier, après s’être installée aux portes de Villaines-les-Rochers, capitale de la vannerie, elle a tout de suite réalisé des nichoirs et des mangeoires. « Je suis autodidacte. J’ai profité d’un congé parental, il y a une quinzaine d’années, pour me lancer », se souvient-elle. Depuis cinq ans, “ Plume et brin d’osier ” constitue son activité à temps plein.

> Prochains ateliers : le vendredi 2 et le dimanche 4, de 10 à 12 h. Inscription sur le stand, au Forum de la nature.


Bienvenue à Ménigoute ! Welcome to Ménigoute !

FILMER DANS LES ARBRESBénévoles, organisateurs, réalisateurs, membres du jury… toute l’équipe du Festival de Ménigoute vous souhaite la bienvenue sur le blog de sa 27e édition, baptisé trivialement « Mon truc en plume ». Mais on assume ! Inconditionnels des smartphones, as de la tablette numérique, maniaques du MacBook Pro, lâchez vos jumelles deux minutes et tenez-vous bien. Plusieurs fois par jour, vous y trouverez des billets d’humeur, de courts portraits d’exposants, de réalisateurs, d’artistes et autres accros du Fifo, des comptes-rendus de films, de conférences… et les photos des moments forts : sorties nature, Apéros de l’environnement, Forum, Salon d’art animalier, remise des prix… Toutes les catégories sont disponibles sur la droite. Sans compter des petites devinettes quotidiennes, histoire d’entretenir les neurones sollicités plus que de raison par des projections incessantes et une myriade d’activités autour de cette biodiversité qui nous est chère. Vos commentaires sont les bienvenus pour faire vivre pendant six jours ces moments de rencontres et de convivialité, aux quatre coins-coins du chef lieu de canton, qui vous le rendra bien !

Joyeux festival avec « Mon truc en plume » !